Marc Goblet

Député (PS) de la circonscription électorale de Liège.

Madame, Monsieur,

J’ai bien reçu ton courrier concernant la campagne « Justice4Mawda » .

Comme toi, nous avons tous été bouleversés par la mort de la petite Mawda, tuée lors d’une course poursuite pour arrêter une camionnette soupçonnée de transporter des transmigrants. La mort de cette enfant, le calvaire vécu par sa famille ont été pour beaucoup le symbole de la violence engendrée par des choix politiques durs.

Le groupe PS s’est à de nombreuses reprises exprimé concernant ce drame, dès avant le début du procès.

Dans ce dossier, la justice a rendu un verdict concernant les faits tels qu’ils se sont produits. Il n’appartient pas au Parlement de discuter une décision de justice, c’est le principe même de la séparation des pouvoirs, qui est au cœur de notre Etat de droit.

Par contre, et nous le répétons depuis le jour même du drame, la tragédie qui a coûté la vie à Mawda s’inscrit dans un contexte façonné notamment par certains choix politiques, notamment l’approche du phénomène de la migration de transit, de l’accueil des transmigrants et des moyens qui y sont alloués, des choix de financement de la police fédérale, …..

Ces choix politiques, eux, ont été l’objet de débats et continuent  encore de faire l’objet d’un débat au parlement. Ils doivent pouvoir être analysés, débattus et le cas échéant réorientés.

Pour nous, une commission d’enquête n’est pas aujourd’hui l’instrument le plus approprié. Selon nous, c’est dans le cadre d’un travail conjoint des commissions de la Justice et de l’Intérieur que ce débat doit avoir lieu, travail qui doit, à notre sens, permettre d’établir les faiblesses structurelles de l’approche de la migration de transit établie sous la responsabilité de MM Jambon et Francken respectivement comme ministre de l’Intérieur et Secrétaire d’Etat à l’asile et la migration – et dès lors d’y apporter des réponses.

Cette approche, principalement axée sur la répression, montre chaque jour son inefficacité. Que ce soit les autorités locales, que ce soit les policiers, que ce soit les associations, tous les acteurs constatent que la façon de faire ne porte pas de résultats probants. Elle ne semble pas aboutir à des démantèlements de filières de traite d’être humains. Elle ne permet pas d’établir la confiance nécessaire entre les migrants en transit et les autorités pour apporter des réponses adéquates à la situation dans lesquelles ils se trouvent. Elle ne prend pas assez en considération le statut de victimes qui pourrait être reconnu aux personnes qui font l’objet de ces mesures de police. Elle ne donne pas les moyens ni les formations nécessaires aux forces de l’ordre pour appréhender toutes les facettes de la migration, de la transmigration, de la traite des êtres humains.

Nous sommes soucieux aujourd’hui de mener ce débat ; et surtout d’apporter les réformes nécessaires pour quitter une approche que nous considérons inefficace.

Dans un premier temps, nous soutenons l’idée d’un débat organisé entre et au sein de différentes commissions. Je te tiendrai informé des différentes initiatives que nous proposerons.

Cordialement,

Marc Goblet

Interpeller via

Téléphone 087339595
OU

Ecrire à votre député·e

    [nom_elu],
    Par la présente, je souhaite attirer votre attention sur les suites de l’affaire Mawda.

    La justice a en effet clôturé, en février dernier, le dossier en première instance en indiquant que des questions légitimes ne relevaient pas de sa compétence.

    Quand il y a des dysfonctionnements au niveau de l'Etat, il faut trouver des solutions structurelles pour y remédier. Seul le Parlement peut enquêter sur l'ensemble du problème, par la voie d'une commission parlementaire.

    Pour toutes ces raisons, je vous demande de bien vouloir agir pour qu'une commission parlementaire soit mise en route à La Chambre, pour que les questions légitimes soulevées par les parents de Mawda ne restent pas sans réponses.

    Je compte sur votre pro-activité pour manifester votre volonté afin qu’une commission soit mise en route, en échangeant avec vos collègues de La Chambre, pour qu’une résolution ou une motion soit votée en ce sens.

    Cette demande de création de commission est soutenue par le site Internet Justice4Mawda.be. Comme vous pourrez le voir, l'ensemble des député.es fédéraux.ales y sont repris.es. Les organisateur.trices comptent y publier votre position. Pourriez-vous donc la leur communiquer, en leur envoyant un courriel à info@justice4mawda.be ?

    Dans l’attente d’une réaction de votre part, veuillez recevoir mes salutations les plus respectueuses.

    Vous pouvez, soit envoyer ce message en ligne, soit le copier dans un mail
    Copier
    OU

    Un email vous sera envoyé pour confirmer cet envoi